Où passe réellement notre temps ?
Vous connaissez les speed dating ? Le speed booking, c’est presque pareil, à une différence près : on ne doit pas se vendre, mais vendre un livre. Mon choix s’est porté sur Votre temps est infini de Fabien Olicard. L’auteur nous invite à nous interroger sur notre
rapport au temps, à nos priorités et surtout à notre attention.
En tant qu’étudiante, je me retrouve souvent à jongler entre les cours, les travaux à rendre, les projets personnels et les pauses. Il m’arrive d’avoir l’impression d’avoir passé ma journée à travailler sans pour autant avoir avancé sur ce qui était réellement important. Finalement, la question du temps est rapidement devenue pour moi une question d’organisation, mais aussi de choix.
Et si notre temps avait une valeur ?
Imaginez : chaque matin, 1 440 € sont versés automatiquement sur votre compte. Une seule règle : vous devez tout dépenser avant la fin de la journée. L’argent non utilisé disparaît et vous ne savez jamais combien de temps ce système va durer. Que feriez-vous de cet argent ?
Cette mise en situation proposée par l’auteur permet de comprendre une idée essentielle : notre temps fonctionne un peu de la même manière. Chaque jour, nous disposons de 1 440 minutes, mais nous ne pouvons ni les stocker, ni en créer de nouvelles. Une minute passée ne reviendra pas.
Cette comparaison m’a particulièrement parlé. Je peux facilement voir ce que représentent 10 €, 50 € ou 100 €, alors que je réfléchis beaucoup moins spontanément à ce que représentent 10, 50 ou 100 minutes.
Pourtant, lorsque je regarde certaines de mes journées, je constate que quelques minutes peuvent rapidement s’accumuler : une notification, une vidéo, une pause qui s’allonge ou une tâche repoussée à plus tard. Ce ne sont pas forcément de gros moments de perte de temps, mais leur accumulation peut avoir un véritable impact sur ma journée.
Le véritable enjeu n’est donc pas de trouver plus de temps, mais d’apprendre à mieux utiliser celui dont nous disposons. Fabien Olicard distingue ainsi différents types de temps :
le temps professionnel ;
le temps personnel ;
le temps pour soi ;
le temps obligatoire ;
le temps perdu, ou « non-temps ».
Cette réflexion m’a amenée à regarder différemment mes propres journées. Entre les cours, les travaux de groupes, les projets personnels et les moments de repos, mon temps est déjà réparti entre de nombreuses activités. La question que je me pose maintenant est moins « comment trouver du temps ? » mais plutôt « est-ce que je consacre mon temps aux bonnes choses ? »
Notre attention est devenue une ressource
Aujourd’hui, notre temps est constamment sollicité. Notifications, messages, réseaux sociaux, publicités… Les occasions de détourner notre attention sont nombreuses.
Je l’ai particulièrement remarqué lorsque je travaille sur un projet. Il suffit parfois d’ouvrir mon téléphone pour regarder une notification « rapidement ». Quelques minutes plus tard, je me retrouve à consulter plusieurs applications alors que mon objectif initial était simplement de faire une pause.
C’est ici que le livre rejoint directement le domaine de la communication. Pour les médias et les marques, l’attention du public est une ressource précieuse. Comprendre notre propre fonctionnement permet donc aussi de mieux comprendre les stratégies de communication qui nous entourent.
En étudiant la communication, cette réflexion m’a particulièrement intéressée : je suis habituée à réfléchir à la manière dont un contenu peut attirer l’œil et retenir l’attention. Le livre m’a permis de regarder cette question de l’autre côté : à quoi est-ce que, moi, je donne mon attention ?
Alors, la question n’est plus seulement « combien de temps avons-nous ? », mais aussi « à quoi choisissons-nous de donner notre attention ? » couverture du livre “Votre temps est infini”
Apprendre à faire les bons choix
Votre temps est infini ne propose pas de recette magique pour créer des heures supplémentaires. Le livre donne plutôt des pistes concrètes pour mieux organiser son quotidien et prendre conscience de la valeur de son temps.
Parmi les outils présentés, la matrice d’Eisenhower permet de classer les tâches selon leur importance et leur urgence. Cela aide à distinguer ce qui doit être fait immédiatement de ce qui peut être planifié, délégué ou supprimé.

C’est un outil que je trouve particulièrement intéressant dans le cadre de mes études. Lorsque plusieurs travaux s’accumulent, j’ai tendance à vouloir tout faire en même temps. Je peux alors passer beaucoup de temps sur une tâche simplement parce qu’elle est urgente, alors qu’une autre aurait mérité davantage d’attention.
Cette méthode m’aide donc à prendre du recul avant de commencer et à comprendre qu’être occupée ne signifie pas forcément être productive.
Pour reprendre le contrôle de son temps, quatre leviers peuvent être retenus :
prendre conscience de son temps et de sa valeur ;
mieux s’organiser ;
faire les bons choix et définir ses priorités ;
se recentrer sur l’essentiel pour développer sa productivité.
Le temps ne se gagne pas, il se choisit
Ce que je retiens surtout de ce livre, c’est qu’il ne nous apprend pas à avoir plus de temps : il nous apprend à réfléchir à la manière dont nous utilisons celui que nous avons.
Cette lecture m’a permis de prendre du recul sur mes propres habitudes, notamment dans mon travail personnel. Avant, une journée bien remplie me semblait forcément productive. Aujourd’hui, j’essaie davantage de me demander ce que j’ai réellement accompli.
Je continue évidemment à perdre du temps, à repousser certaines tâches ou à me laisser distraire par mon téléphone. Mais je suis désormais davantage consciente de ces moments. Et c’est peut-être justement le premier changement : remarquer où passe son temps avant de chercher à mieux l’utiliser. Alors, si vous receviez 1 440 € chaque matin, les dépenseriez-vous de la même manière qu’aujourd’hui ?
